Depeche Mode (DM) est un groupe de musique britannique originaire de Basildon formé en 1980. Toujours présent sur la scène internationale, il s'agit d'un des groupes les plus influents et les plus populaires nés au cours de l'ère new wave au sein du courant electro-pop. Son nom provient d'un magazine de mode français.
Après avoir été lancés par le manager de Soft Cell, ils sont repérés par Daniel Miller, qui les fait signer sur son label Mute Records en 1981. Depeche Mode connaît son premier succès aux États-Unis en 1984/1985 avec le single « People Are People ».
Le succès de leur synthpop au style très empreint de musique industrielle est constant jusqu'en 1990 avec l'album Violator incluant les titres Personal Jesus, Policy Of Truth et surtout Enjoy The Silence. Les années 1990 sont marquées par l'addiction à la drogue, l'overdose et la tentative de suicide du chanteur principal, Dave Gahan, qui ne sera désintoxiqué qu'en 1996, mais aussi par le départ d'Alan Wilder en 1995. Le groupe, qui ne comporte plus que trois membres, continue à sortir des albums (Ultra en 1997, Exciter en 2001, Playing The Angel en 2005 et Sounds of the Universe en 2009).
La quasi-totalité des chansons du groupe est composée par Martin L. Gore, sauf celles du premier album (Speak and Spell) qui étaient majoritairement l'½uvre de Vince Clarke, rapidement parti fonder Yazoo puis Erasure. Depuis 2005, le chanteur Dave Gahan participe à l'écriture de certains morceaux. Martin Gore a beaucoup ½uvré pour qu'on ne considère pas Depeche Mode uniquement comme un groupe « de synthés » en utilisant notamment la guitare.
Depeche Mode a eu quarante-cinq titres classés dans le UK Singles Chart, et plusieurs albums classés numéro un au Royaume-Uni, aux États-Unis et dans d'autres pays européens. Selon EMI, le groupe a vendu 75 millions d'albums dans le monde, et plus de 100 millions en incluant les singles[2][3].
La genèseC'est à Basildon en 1977 (dans l'Essex), que Vince Clarke et Andrew Fletcher décident de créer un groupe et centrer leur créativité sur un nouvelle instrument le synthétiseur peu utilisé à l'époque à l'heure où le Royaume-Uni résonne au son du punk rock.
Ils sont rejoints dès 1978 par un ami de lycée, Martin L. Gore et fondent « Composition of sound ». Le groupe trouve en Dave Gahan, repéré lors d'un casting alors que ni Gore ni Clarke ne se voient comme chanteur principal, une voix que le trio recherchait. Ce dernier est d'ailleurs à l'origine du nouveau nom du groupe inspiré par une revue française : « Depeche Mode ». Les anglais désireux d'en comprendre la signification s'amusent à traduire leur nom par « Fast Fashion » ou bien encore « Hurry up fashion », commettant ainsi une erreur certaine de sens car ils confondent alors le terme « dépêche » avec le verbe français « se dépêcher » (« to hurry up » en anglais). Ce nom est trouvé par hasard par Dave Gahan.
Leurs premières compositions se voient refusées par des maisons de disques qui n'apprécient guère la surcharge de synthétiseurs utilisés (instruments de prédilection du groupe à ses débuts).
Just can't get enoughStevo Pearce, manager du groupe Soft Cell et fondateur du label Some Bizzare Records, les repère et sort le titre Photographic sur une compilation intitulée Some Bizzare Album (1981) où ils côtoient d'autres futurs groupes des années 1980 tels que The The et Soft Cell.
C'est lors d'un concert dans un club londonien que Daniel Miller repère le groupe et décide de le signer sous son nouveau label : Mute Records. En 1981 sort leur premier single Dreaming Of Me suivi de New Life et enfin le hit planétaire Just Can't Get Enough. Ces premiers titres seront extraits de l'album Speak and Spell dont les compositions sont principalement de Vince Clarke (Martin L. Gore n'y est l'auteur que de deux chansons). Les synthétiseurs y tiennent une place privilégiée sur fond de boîtes à rythme. Mais aussitôt le succès acquis, Vince Clarke quitte le groupe et part fonder les groupes Yazoo avec Alison Moyet (une copine du lycée de Basildon) puis The Assembly, et enfin le duo Erasure qui sort toujours régulièrement des albums.
Depeche Mode devient alors un trio sans parolier, et son avenir paraît bien compromis. Le trio décide néanmoins de poursuivre l'aventure : Martin L. Gore est désormais l'auteur/compositeur du groupe qui recrute Alan Wilder en 1982 sur petite annonce parue dans le Melody Maker. Celle-ci demande un homme de moins de 21 ans et un véritable musicien. Ce dernier, qui triche sur son âge, est un pianiste expérimenté. Wilder est avant tout engagé pour assurer les lives, c'est la raison pour laquelle il ne participe pas à l'élaboration de A Broken Frame (1982). L'apport artistique d'Alan Wilder est perceptible dans l'album Construction Time Again (1983) où il signe intégralement deux titres (The landscape is changing et Two minutes warning). Dans ce troisième opus du groupe apparaissent leurs premiers samples nourris de la musique industrielle allemande et leurs sons deviennent plus travaillés. Quant à leurs paroles, elles prennent des tournures plus politiques : Get the balance right ! et Everything Counts traitent sur un mode ironique des dérives du capitalisme.
Music for the massesL'ennui, la religion et le sexe deviennent les thèmes de prédilection des compositions de Martin L. Gore. Les albums Some Great Reward (1984) et Black Celebration (1986) confirment leur goût pour la musique industrielle allemande (notamment Kraftwerk) qui nourrit leurs samples : bruits lourds et métalliques, percussions froides martèlent des titres comme Master and Servant, Blasphemous rumours ou Stripped ; mais c'est le 45 tours People are People (extrait de Some Great Reward) qui leur permet de connaître un succès mondial (notamment aux États-Unis) en 1984/85. C'est à cette occasion que Depeche Mode sort un mini album intitulé People Are People uniquement réservé aux États-Unis pour mieux faire connaître leur genèse musicale avec le single du même titre, et aussi Get The Balance Right ! et Everything Counts entre autres. Ce succès est renforcé par la parution mondiale fin 1985 d'une première compilation officielle regroupant les singles édités depuis leur début. L'année suivante, l'album Black Celebration assoit leur réputation au Royaume-Uni et leur donne le statut de groupe culte en Amérique du Nord, qui les étiquettent comme une formation underground, alors qu'ils sont perçus comme très commerciaux en Europe (leurs singles sont édités en une multitude de remixes pour accroître leurs ventes). Cela dit, l'approche électronique et expérimentale du groupe permet de développer de nombreuses variations sur leurs titres. Ils collaborent avec de nombreux arrangeurs/producteurs et DJs et offrent à leur fans une multitude de reflets sonores.
Le groupe sort un album par an et leur popularité s'accroît de manière importante. Les membres du groupe essaient de s'affranchir de cette image de garçons coiffeurs à synthés que certains critiques leur attribuent. C'est notamment pour cette raison qu'ils sollicitent le photographe hollandais Anton Corbijn pour refaçonner leur image. À partir de 1986, son intervention sur les clips et les photographies du groupe devient déterminante pour l'imaginaire visuel du groupe. « Corbijn joue la carte d'une esthétique glacée à la manière d'un Wim Wenders ou d'un Werner Herzog. Systématiquement tournés en noir et blanc, les clips du Hollandais renvoient du groupe une image sans doute encore un peu figée mais débarrassée de tout contenu racoleur ».
1987 marque une étape de plus dans leur carrière. L'unique album du groupe enregistré en France aux studios Guillaume Tell (à Suresnes) se concrétise sous la houlette de David Bascombe – Daniel Miller et Gareth Jones préférant s'éclipser. La nouvelle approche musicale du groupe donne naissance à Music for the Masses, lequel s'ouvre sur Never Let Me Down again, un rock synthétique virant à l'onirisme noir, qui deviendra avec le temps l'hymne des concerts de Depeche Mode à travers le monde. Il donne le ton d'un album abouti qui entre pour la première fois dans l'histoire du groupe dans le Top 40 américain. « De machine à tubes, Depeche Mode est définitivement passé au statut de groupe culte ». Ce succès international autorise une grande tournée qui passe par les États-Unis et que le cinéaste américain D.A. Pennebaker immortalise dans le film 101. Cette tournée se termine le 18 juin 1988 au stade Rose Bowl de Pasadena devant 70 000 spectateurs. Depeche Mode est devenu « le premier groupe de pop électronique à pouvoir remplir un stade ». Le titre 101 (suggéré par Alan Wilder) fait allusion aux 101 concerts donnés pendant cette tournée. Le documentaire de Pennebaker suit en parallèle un groupe de huit fans transportés pendant dix jours à travers les États-Unis dans un autobus fourni par la production, ainsi que le groupe lors de ces mêmes déplacements, des interviews, et lors de ses concerts. Un live intitulé également 101 sorti en mars 1989 devient « disque d'or en France en vingt-quatre heures [...] [et] offre au groupe son meilleur score de ventes en Angleterre depuis trois ans ».
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